Canadian Medical Hall of Fame

Investiture

ORGANISÉ EN COLLABORATION AVEC    

     

Six héros canadiens de la médecine sont intronisés chaque année au Temple de la renommée médicale canadienne. Leur travail peut prendre la forme d’une seule contribution exceptionnelle ou d’une vie entière de réalisations méritoires. Pionniers dans leur domaine, ils et elles sont des modèles d’excellence dans le domaine de la santé, au Canada et partout dans le monde.

Réception : 17 h 30    |  Début du programme : 18 h 30
Soirée élégante (cravate noire facultative)

 Centre des congrès de London

Maître de cérémonie
Colm Feore, OC
Acteur canadien de théâtre et de cinéma

 

Réservations   

 

Voici nos lauréats de 2018...

 

Les 40 années de carrière du Dr Philip Berger sont jalonnées par ses interventions militantes en faveur des soins de santé pour tous, quelles que soient les circonstances de leur vie. Chef du Département de médecine familiale et communautaire à l’Hôpital St. Michael’s (1997-2013), il a été à l’avant-plan de nombreuses luttes en faveur de soins de santé éclairés par la compassion, malgré l’indifférence ou l’opposition. Il a fait la promotion du traitement à la méthadone, de l’échange d’aiguilles, de la documentation et de la reconnaissance des séquelles de la torture, des infirmeries associées aux universités pour les sans-abri et du traitement clinique du sida en Afrique. De nombreuses pratiques médicales qui sont maintenant la norme ont déjà été des initiatives controversées qu’il a fallu défendre et implanter avec courage. En 1987, le Dr Berger a cofondé le groupe Toronto HIV Primary Care Physicians et lancé le programme de mentorat HIV Centre Primary Care Mentor. Le Dr Berger s’est aussi porté à la défense des victimes de torture : il a fondé le Réseau médical canadien (de langue anglaise) d’Amnistie internationale et le Centre canadien pour les victimes de torture. En 2012, il a cofondé l’association Médecins canadiens pour les soins aux réfugiés et coordonné aux quatre coins du pays des manifestations de médecins opposés aux compressions dans les budgets des soins aux réfugiés, qui ont abouti à une contestation en vertu de la Charte devant la Cour fédérale et au rétablissement des soins de santé pour près de 100 000 réfugiés.

Le Dr Brett Finlay, qui occupe la chaire Peter Wall aux Laboratoires Michael Smith de l’Université de la Colombie-Britannique, approfondit nos connaissances de l’interaction entre les microbes et les humains en santé et malades, en découvrant leur rôle dans l’asthme, la malnutrition et les maladies entériques. Ses travaux ont des répercussions pour la prévention, le traitement et la guérison des maladies. Ses recherches en microbiologie cellulaire ont permis la mise au point de vaccins pour les humains et les animaux et de traitements contre les infections résistantes aux médicaments. Le Dr Finlay est aussi connu du grand public comme coauteur d’un livre provocateur qui a remporté un grand succès, Let Them Eat Dirt: Saving Your Child from An Oversanitized World, qui présente des preuves scientifiques des dangers d’une propreté excessive dans le milieu de vie des enfants. Cette application pratique de ses recherches approfondies sur les mécanismes microbiens au niveau moléculaire a révélé leur apport positif au bien-être humain en plus de leur rôle dans les maladies infectieuses. Chercheur, auteur, enseignant, conférencier, cofondateur d’entreprises consacrées à la modification du microbiome du système immunitaire, le Dr Finlay est l’un des rares scientifiques qui font progresser nos connaissances fondamentales des processus de la vie tout en offrant des conseils compréhensibles aux citoyens ordinaires qui se préoccupent du bien-être des enfants.

Le Dr Vladimir Hachinski, neurologue de renommée mondiale, a transformé la compréhension, le traitement et la prévention de deux des maladies qui menacent le plus le cerveau humain : l’accident vasculaire cérébral (AVC) et la démence. Avant les années 1970, on ne connaissait aucun traitement pour l’AVC. En collaboration avec John W. Norris, le Dr Hachinski a créé les unités de traitement de l’AVC aigu qui sont désormais la norme de soin et produisent les meilleurs résultats pour les patients, quels que soient leur âge et la gravité et le type de l’atteinte. Il a inventé l’expression « attaque cérébrale » pour parler de l’AVC, afin d’insister sur l’urgence d’intervenir pour soigner la personne atteinte. Le Dr Hachinski et ses collègues David Cechetto et Shawn Whitehead ont découvert un lien entre la maladie d’Alzheimer et l’AVC et le rôle du cortex insulaire du cerveau dans la mort subite, ainsi que tout un éventail de nouveaux concepts décrits par une nouvelle terminologie : démence par infarctus multiples, leucoaraïose, déficience cognitive vasculaire et « cerveau à risque ». L’éponyme Échelle d’ischémie de Hachinski est maintenant devenue la norme pour identifier les éléments traitables de la démence.  Distingué professeur de neurologie à l’Université Western, le Dr Hachinski est l’auteur ou le coauteur de 17 livres et de plus de 800 publications scientifiques fréquemment citées. Il a dirigé le mouvement qui a mené à l’adoption d’une proclamation, au nom de l’organisation mondiale de l’AVC (World Stroke Organization) et de toutes les grandes organisations internationales qui s’intéressent au cerveau, visant à réunir les intervenants de tous les milieux qui s’intéressent à l’AVC et à la démence dans un effort conjoint de prévention de l’AVC et des formes de démence qu’il est possible de prévenir.

Le Dr Balfour Mount, qui définit les soins de santé comme « un processus relationnel impliquant un mouvement vers une expérience d’intégrité et de complétude », a voulu que la compassion grandisse au même rythme que la performance technologique dans le traitement des maladies incurables. On lui attribue la création de l’expression « soins palliatifs ». Le Dr Mount a reconnu la nécessité de dispenser des soins de compassion à la personne dans toutes ses dimensions afin de soulager la souffrance et de donner plus de dignité aux malades en phase terminale et à leurs familles. Une étude réalisée en 1973 à l’Hôpital Royal Victoria de McGill a avivé l’intérêt du Dr Mount pour les besoins des malades en phase terminale et de leurs familles. Il s’est rendu au Royaume-Uni pour se renseigner directement au sujet du mouvement des foyers de soins palliatifs, après quoi il a réussi à persuader la direction de l’Hôpital Royal Victoria d’ouvrir le premier service complet de soins palliatifs, en 1975. En 1999, il a lancé les programmes de soins holistiques à McGill. Le Dr Mount est reconnu de tous pour avoir réussi à faire des soins palliatifs une composante essentielle des soins de santé efficaces et dispensés avec compassion. Des générations futures de patients et leurs familles seront entourées de compassion et vivront dans la dignité durant les moments où ils connaîtront certains de leurs plus grands défis, grâce à sa vision.

Distinguée professeure à l’Université du Manitoba et chercheure clinicienne à l’Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants du Manitoba, la Dre Cheryl Rockman-Greenberg a consacré sa carrière à apporter les connaissances médicales et les soins les plus avancés aux populations autochtones isolées et souvent vulnérables. En étroite collaboration avec les communautés visées, la Dre Cheryl Rockman-Greenberg a mis au point des tests de diagnostic, des programmes de dépistage et des traitements pour des maladies autrefois mal comprises, améliorant ainsi la vie de générations d’enfants et de leurs familles. Les travaux de recherche de la Dre Rockman-Greenberg ont porté sur l’application de la génétique moléculaire et sur l’identification des causes moléculaires de maladies génétiques surreprésentées dans certaines populations, notamment l'hypophosphatasie (HPP), une maladie métabolique des os, et l’acidurie glutarique de type I (AG1), une maladie complexe du métabolisme des acides organiques, qui touchent les Mennonites et les populations autochtones, respectivement. Elle a été la chercheure canadienne principale dans un essai clinique commandité par l’industrie pour l’étude d’une nouvelle thérapie de remplacement enzymatique pour le traitement de l’HPP. Le médicament a récemment reçu l’approbation de Santé Canada et a déjà permis de rendre traitable cette maladie auparavant incurable. Par le travail de toute sa vie, la Dre Rockman-Greenberg réalise une grande aspiration de la médecine pratiquée avec compassion : répondre aux besoins de tous, n’importe que les maladies soient les plus rares ou que les patients soient les plus isolés.

Emily Stowe était déjà la première femme directrice d’école en Ontario lorsqu’elle présenta une demande d’admission à l’École de médecine de Toronto, en 1865. Elle fut refusée. Elle s’inscrivit alors au New York Medical College for Women. Après avoir obtenu son diplôme en 1867, elle revint au Canada pour installer son cabinet sur la rue Richmond, à Toronto. En 1871, Emily Stowe devint l’une des premières femmes à assister aux cours à l’École de médecine de Toronto et, le 16 juillet 1880, elle obtint enfin son permis d’exercice du Collège des médecins et chirurgiens de l’Ontario. En 1883, elle dirigea la fondation du Woman’s Medical College, à Toronto. Quinze ans plus tard ouvrait la clinique médicale « The Dispensary », où les étudiantes pouvaient acquérir de l’expérience pratique. La clinique devint plus tard le Women’s College Hospital de Toronto. La Dre Stowe participa aussi à la fondation de l’influente Guilde littéraire des femmes de Toronto, le premier groupe de suffragettes du Canada. Déterminée à faciliter l’accès à l’éducation médicale pour les femmes, elle fit pression sur l’Université de Toronto pour exiger l’abolition de sa politique d’exclusion. C’est ainsi que, quelques années plus tard, sa fille Augusta Stowe-Gullen put devenir la première femme à recevoir son diplôme d’une faculté de médecine canadienne.